vendredi 17 mai 2013

Lu sur mille et un je : Ce que les hommes reprochent aux femmes mauritaniennes



Les hommes détestent quand la femme fait semblant de ne pas aimer le sexe.

Ils n’aiment pas les femmes qui ne sont jamais les initiatrices du sexe.

Les hommes n’aiment pas les femmes qui ne connaissent pas le corps masculin.

Ils n’aiment pas quand les femmes les rendent responsables du manque d’orgasme féminin.

Ils ne supportent pas quand les femmes se conduisent au lit comme des « régulatrices sexuelles ».

Les hommes n’aiment pas les femmes insensibles.

Ils détestent les femmes qui parlent trop au lit.

Les hommes s’irritent quand les femmes n’aiment pas leur propre corps et humilient leurs propres avantages.

Ils regardent avec précaution les femmes qui n’aiment pas les expériences au lit.

Les hommes n’aiment pas les amatrices des baisers « cupides ».

Ils n’aiment pas les femmes qui usent de leur sexualité pour manipuler les hommes.

Les femmes qui parlent de leurs ex-amants irritent les hommes.

Les hommes ne respectent pas les femmes qui portent de la lingerie difforme.

La migraine permanente..................................

Le manque d'imagination et d'initiatives.......la routine.

ROCCO

Cher Rocco


  Beaucoup de machisme et de clichés dans ton post in. Permets moi de reprendre certains de tes arguments :

- "Les hommes n’aiment pas les femmes qui ne connaissent pas le corps masculin" : pour connaître le corps d'un homme encore faut il que les femmes l'aient appris! Chez nous le corps est tabou et l'école reste d'une pudibonderie effarante sur ce sujet.

-"Ils n’aiment pas quand les femmes les rendent responsables du manque d’orgasme féminin" : il faut reconnaître, malgré cette vanité très masculine qui fait que chaque homme se pense comme "bon au lit", qu'à part la frigidité qui a des causes psychologiques ou physiologiques, le manque d'orgasme est bien un problème masculin. Pour faire l'amour à une femme il faut connaitre la femme, entendre celle que l'on a dans ses bras, accepter ses désirs.... Le plaisir est un apprentissage mutuel!

-"Ils détestent les femmes qui parlent trop au lit" : là aussi, cher Rocco, tout est question de goûts et de couleur! Certains hommes adorent entendre la femme qui est avec eux exprimer son plaisir, en parler après; d'autres détestent ça.... ça s'appelle la diversité amoureuse.

-"Les hommes s’irritent quand les femmes n’aiment pas leur propre corps et humilient leurs propres avantages" : la détestation de soi et de son corps n'est pas un choix, c'est une contrainte invalidante, une infirmité qui rend l'acte d'amour contraignant. La souffrance de certaines femmes s'exprime dans cette détestation d'elles mêmes. A l'homme de comprendre que ceci est une souffrance et non pas un jeu.

-"Ils n’aiment pas les femmes qui usent de leur sexualité pour manipuler les hommes" : ce comportement est vieux comme les relations hommes/ femmes. Beaucoup de femmes pensent "acheter" quelque chose, que ce soit du sentiment ou du matériel, en usant du sexe comme monnaie d'échange. A qui la faute? Elle est partagée : à la société qui rend nos femmes "frigides" et calculatrices, en mode survie, aux hommes qui n'écoutent que leurs vanités en pensant être les meilleurs amants du monde, aux femmes qui n'ont pas encore pris la mesure de leur sexualité et de leur façon de vivre....

-"Les femmes qui parlent de leurs ex-amants irritent les hommes" : je reconnais que ceci peut être mal perçu par le partenaire masculin. Mais la femme qui est dans les bras d'un homme a un passé; elle n'est pas issue d'une génération spontanée. A elle de réaliser que parler de ses ex amants ouvre le champ à une sorte de compétition perverse. Tout est question de dosage, n'est ce pas?


-"Les hommes ne respectent pas les femmes qui portent de la lingerie difforme" : ceci est la phrase machiste type. Ce modèle féminin fantasmé d'une femme en dessous sexy est terriblement réducteur du rôle et de la place d'une femme. A chacune de se vivre comme elle le souhaite. Certaines trouvent du plaisir à porter des sous vêtements sexy, pour elle et pour leur homme. D'autres détestent ça et l'image déformée que ces sous vêtements portent. Là aussi, laisser la liberté aux femmes de se "déguiser" érotiquement est le meilleur chemin vers un plaisir partagé. Cette érotisation du corps n'est, d'ailleurs, pas qu'une demande masculine. Beaucoup de femmes aiment que leur compagnon soit sexy et portent des sous vêtements sympas...

-"La migraine permanente" : t'es tu interrogé sur la signification de cette foutue migraine? Dès lors qu'une femme se refuse à plusieurs reprises c'est que dans le couple il existe un problème. Si une femme se refuse c'est que l'acte d'amour n'a plus aucun charme. La routine sexuelle tue l'amour...d'où la "migraine".

-"Le manque d'imagination et d'initiatives.......la routine" : pour être imaginative il faut se connaître, connaître son corps, connaître sa sexualité, ce que beaucoup de femmes ignorent. Si le partenaire est plus expérimenté, à lui aussi, d'aider sa femme à apprendre ce corps qui est considéré comme impur. Comment demander à une femme ignorante d'elle même les gestes de l'amour?

Mariem mint DERWICH


mercredi 15 mai 2013

Le Cri de l'esclave : mécanismes et enjeux d'une domination (Décembre 2002)

        
Le Cri de l'esclave : mécanismes et enjeux d'une domination (Décembre 2002) "La République assure à tous les citoyens sans distinction d'origine, de race, de sexe ou de conditions sociales l'égalité devant la loi". Article premier de la Constitution de la République islamique de Mauritanie, 20 juillet 1991.

Depuis qu'existe ce pays qu'on appelle la Mauritanie (1960), la réalité de l'esclavage a toujours été évitée, effacée, voire niée, en même temps qu'exploitée. L'esclavage a été utilisé comme un fond de commerce par des maîtres soucieux du seul maintien de leurs privilèges, moyen d'affirmer un statut social qui se montrait nécessaire au partage du pouvoir.

Cette supériorité, décrétée à la naissance, s'est autorisée d'une abusive interprétation de l'Islam, relayée par un ensemble de traditions qui sacralisaient cette architecture. D'autre part, la couleur de peau est devenue une monnaie d'échange politique : achetée par le pouvoir, elle fut parfois vendue par ses militants, laissant les leurs espérer en l'avenir meilleur qu'ils leur avaient promis.

Au-delà de toute interprétation dogmatique ou propagandiste, il existe une réalité inaliénable, que certains expriment en parlant de "séquelles", de "survivances" ou de "plaies"... Or la réalité de ces traces d'un système ancien n'empêche pas l'esclavage pur et dur de persister.

Il importe de saisir les mécanismes de cette domination, qui font que des hommes vivent à la merci d'autres hommes de par leur naissance (I), pour comprendre les enjeux politiques de la question dite "Haratine" en Mauritanie, et pour percevoir l'avenir qu'elle dessine, dans une société appelée à vivre le partage démocratique de l'action et de la décision (II).

I. La domination en société maure : mécanismes et conséquences.

En Mauritanie, les maîtres ne sont pas toujours blancs, mais les esclaves sont toujours noirs. L'esclavage dans le milieu maure, dû dans l'histoire au mouvements de razzias et au commerce du sel, troqué contre des esclaves noirs, est plus visible que chez les autres communautés noires (Pullar, Soninké, Wolof , Bambara).

Cette visibilité ne provient pas seulement de la couleur différente des maîtres et des esclaves ainsi "acquis", mais de l'intensité supérieure de la violence, physique et symbolique, exercée dans ce milieu sur l'esclave. Cette violence naît en partie d'un processus d'"intégration" communautaire profondément contradictoire. Il s'agit, pour les Maures, de "dresser" continuellement l'esclave noir dans un espace culturel qui lui est originellement étranger, balisé par la langue arabe.

L'exploitation physique a cependant été relayée par d'autres types d'emprise. On connaît peu de cas de ventes entre tribus maures, il n'y a donc pas en Mauritanie de marchés d'esclaves. La littérature populaire y est pleine d'exemples de "nobles" mal considérés du fait de leur activité de marchands d'esclaves. L'esclave est considéré comme un patrimoine symbolique dont dépend le rang social de la famille, acquis dans la classification adoptée par la société dite "beydane" - en partie sur le modèle des communautés noires.

1) La place de l'esclave dans la hiérarchie de la société maure.

Dans cette société, qui s'est construite, face aux empereurs noirs du Mali et du Ghana, à partir de l'Islam comme fondement politique et de l'esclavage comme base sociale, le statut de l'individu dépend de la fonction exercée, qui détermine une hiérarchie figée et fortement cloisonnée, quelles que soient les évolutions réelles de chacun.

Aux "marabouts", qui constituent le clergé en haut de l'échelle, revient le savoir; aux "guerriers", la force militaire; viennent ensuite les classes subalternes, qui peuvent posséder néanmoins des esclaves noirs : aux "znagas" ou "tributaires" ("hommes libres qui n'ont ni le droit de porter les armes, ni accès au savoir maraboutique") revient la tâche d'élever les chameaux; aux "griots" la mémoire collective et l'art, qui leur donne en contrepartie un pouvoir médiatique efficace dans le dénigrement ou la glorification; aux "forgerons" revient le travail industriel et artisanal, de la fabrication de la vaisselle à celle des armes;

ceux-ci subissent un mépris symbolique proportionnel à l'intelligence qui leur est prêtée, et qui explique leur assimilation fréquente aux Juifs. On trouve en bas de l'échelle sociale les "Haratines", - "Hartani" signifie en arabe "homme libre de second rang" - ou esclaves "affranchis", et les "abd", ou esclaves, à qui reviennent toutes les tâches domestiques, de la traite des bêtes à la construction des lieux d'habitation, en passant par le ravitaillement en eau et en nourriture.

Les Haratines et les esclaves sont toujours noirs - parfois métissés. La différence entre eux, créée par "l'affranchissement", tient uniquement dans le fait que les Haratines sont invendables, tandis que les esclaves sont une propriété des maîtres au même titre que leurs vaches. L'esclave peut appartenir à plusieurs maîtres, qui en partagent la force de travail - ce qui complique son affranchissement éventuel.

L'esclave n'hérite pas du maître, il a besoin de son consentement pour se marier, ses enfants sont enlevés dès qu'ils peuvent fournir un effort physique, et placés dans des campements de maîtres. Le degré de mépris ou de respect manifesté à l'esclave, enfin, est fonction du rang social et de la volonté du maître. L'affranchissement n'équivaut en aucun cas à une émancipation économique ni à une libération mentale. Le Hartani enrichi peut se mettre, par mimétisme, à acheter des esclaves, reproduisant le système qui l'a aliéné.

2) Les mécanismes de domination traditionnels.

Les chaînes des esclaves de Mauritanie sont plus efficaces que ne le furent celles des USA et d'Europe... Les esclaves traînent ici derrière eux des siècles de domination responsables d'une aliénation mentale dans laquelle la religion a joué un rôle déterminant, mais pas seulement elle.

- La militarisation des esclaves

La société maure a évolué dans une extrême instabilité politique, caractérisée par les guerres entre tribus, familles, émirats, dans une lutte de pouvoirs permanente. Pour satisfaire à cette demande chronique de sang humain, il fallait un moyen de limiter les dégâts chez les maîtres, tout en canalisant la violence née de la frustration des dominés de toujours. Il fallait attribuer un rôle combattant à ces noirs qui n'égale pas en noblesse celui des guerriers, lesquels récupéraient ainsi le bénéfice des victoires réalisées par leurs "soldats".

On trouve dans chaque émirat un bataillon noir ("khalva kahla") dirigé par le chef du campement d'esclaves ("Cheikh Edebay"), sorte de chef d'Etat-major esclave - le prestige en moins. Les esclaves trouvaient là un moyen de s'exprimer à la convenance des maîtres, s'intégrant dans un monde de violence sur un mode statutaire et programmé. Ce phénomène, peu étudié, mériterait à lui seul une enquête anthropologique autonome.

- Les modes d'"intégration" à la tribu :

L'esclave, le "abd ", n'a pas de tribu : il est appelé à changer de propriétaire selon les termes de l'héritage, de la vente, ou de la "générosité" du maître vis-à-vis de ses amis, sa famille et ses maîtresses... Dès qu'il devient Hartani en revanche, c'est-à-dire dès qu'il est "affranchi", il est considéré comme un membre de la tribu. L'affranchissement, contrairement à ce qu'on peut penser, n'est pas né des abolitions (1905, 1961, 1981), mais de l'application, au coup par coup, des préceptes islamiques.

Il se fait donc de manière informelle, sans acte écrit la plupart du temps, d'où la fragilité du statut juridique de l'affranchi et l'incertitude de la frontière entre l'esclave et le Hartani. Le nombre des affranchis, auxquels se sont ajoutés les esclaves révoltés qui avaient fui leur maître (et pour lesquels l'administration coloniale créa les "villes de liberté"), a augmenté avec le temps sans pour autant se dissoudre dans la population mauritanienne.

Les Haratines composent ainsi une communauté spécifique, arabophone, qui équivaut aujourd'hui à plus de la moitié de la population (sans qu'aucun rencensement, ni des Haratines, ni des esclaves, n'ait jamais été entrepris).

Avec la systématisation de l'affranchissement, le statut de serviteur a fait l'objet d'une nouvelle technique de gestion, qui consiste à élargir le champ d'exploitation à travers la corruption sociale engendrée par ce mode ambigu d'appartenance tribale. Le Hartani en effet tombe sous le coup d'un faux Hadith qui dit: "Fidélité à celui qui a affranchi". Pour garder un lien solide avec son ancien maître, il est donc obligé de lui "donner l'aumône". L'affranchi achète ainsi continuellement sa sécurité et son assise sociale à l'ancien maître.

Il faut ici faire la part des différences entre l'homme et la femme esclaves. L'intégration masculine est plus facile, car la virilité sexuelle est un moyen pour l'esclave mâle de s'affirmer. Les femmes esclaves restent plus ancrées dans leur culture d'origine. Pour elles, le sexe est au contraire un facteur d'aliénation supplémentaire. L'esclavage féminin aboutit à une prostitution légale et non monnayée.

Néanmoins, la femme esclave peut connaître une promotion sociale exceptionnelle en devenant la concubine affranchie (mais non l'épouse) d'un grand maître, ou en "libérant son ventre" pour devenir l'épouse d'un autre maître acheteur. En effet, dans la logique d'alliance maure non avouée, le maître fait des enfants avec son esclave pour introduire un lien de sang avec la communauté servile. Ce lien oblige l'ensemble des esclaves, y compris les révoltés, à rester fidèles à leur maîtres devenus "cousins", bien que ce cousinage ne soit en rien comparable au lien familial interne à la communauté maure.

L'ensemble de ce système complexe repose ainsi intégralement sur l'infériorité sociale et morale de l'esclave noir, et sur la dépendance de l'affranchi. Mais l'élément érotique né de cette fréquentation intime des différences alimente un système de valeurs esthétiques qui semble entrer en contradiction avec lui, sans que jamais ses fondements ne soient mis en cause. Ces contradictions se manifestent dans la valeur accordée au métissage. Il existe peu de grandes familles maures qui n'aient pas pratiqué celui-ci, car l'opprobre jeté sur la noirceur de peau semble se renverser dans le registre esthétique en valorisation du métissage.

Toutes ces modalités d'intégration ambiguë, du mépris social à la valorisation érotique, constituent une chaîne d'aliénations réciproques d'une extraordinaire efficacité, qui repose sur une instrumentalisation sans reste de la vie humaine. Esclave ou affranchi, chaque individu, dans ce système, a le statut d'otage. Pris dans les chaînes qui font de lui ce qu'il est, le maître n'est qu'un otage supérieur, responsable en tout point du système qui l'aliène à son tour.

- Le rôle de l'Islam et des écoles coraniques

L'aliénation de l'esclave au maître n'est pas seulement terrestre, mais spirituelle, le salut de l'esclave passant par l'obligation au maître, représentant de Dieu sur terre. La fidélité de l'esclave parfait au maître devient son "indulgence", par quoi il accède au Paradis. A défaut d'en fonder le principe dans le texte coranique, le clergé musulman impose cette dépendance en vérité métaphysique par des paraboles qui, dans cette société profondément religieuse, font autorité.

On retrouve dans toutes les tribus maures une "révélation" onirique d'un grand Saint, adaptée différemment selon les familles maraboutiques, et que chaque enfant apprend très tôt. Le marabout raconte qu'après la mort d'un esclave pieux , il a vu en rêve cet esclave se partager en deux, moitié neige et moitié feu. Exprimant sa surprise, il interroge l'esclave, qui lui répond : "J'ai été condamné à ce Purgatoire éternel, car j'ai rempli les obligations de Dieu et négligé celles de mon maître, voilà ma récompense".

Ce dispositif, par quoi le devoir servile se fonde en croyance, forme une doctrine religieuse transmise dans l'enseignement du Coran, de la théologie et de la littérature, que dispensent les universités du désert, "les mahdras", qui prennent en charge la responsabilité de la reproduction des élites. Cette doctrine expose le "statut personnel"dans la loi islamique (le "Fikh"), censé organiser la vie collective, en mettant un accent particulier sur la condition de l'esclave.

L'esclave est considéré comme éternellement mineur. Il ne peut pas témoigner , ni diriger une prière. Il n'est pas obligé d'assister à la prière du vendredi ni aux cinq prières à la mosquée, ni de faire le pèlerinage, ni de pratiquer la "Zakat" (l'aumône). Pour se marier il lui faut l'aval de son maître. Sa "diya" égale la moitié de celle d'un homme libre. Tout ce qu'il possède appartient à son maître, qui hérite de lui à sa mort, et non ses enfants. Tous les droits civils et politiques de l'esclave sont ainsi suspendusexcepté pour les esclaves, qui sont considérés, ainsi que leurs biens, comme une propriété du maître.

La condition de l'esclave femme est sensiblement différente : elle n'est pas obligée par la loi de porter le voile comme les femmes libres. Elle ne subit pas l'excision, imposée à toutes les femmes maures aujourd'hui encore. Elle peut se permettre la fornication, qui est même encouragée en vue de la fécondité. Elle a, contrairement aux femmes maures, la liberté - payée de mépris - d'avoir des enfants sans se marier : l'enfant bâtard est reconnu en tant que tel, car l'affiliation des enfants à leur mère est tolérée dans la communauté des esclaves, malgré l'importance donnée, dans cette société islamique, au mariage qui affilie les enfants au père.

L'enseignement de la littérature prolonge la doctrine. Les poètes esclavagistes y ont une place de choix, tels le talentueux Al-Moutanabi. L'infériorité de l'esclave par rapport aux maîtres s'exprime à travers un système d'images et de métaphores transmis dans la totalité de l'enseignement, des proverbes à "l'histoire". Cette symbolique met en place une traduction morale de la physiologie du noir : son odeur et sa morphologie sont censées prouver son manque d'intelligence et son animalité.

Parmi cette littérature de clichés reproduite actuellement dans les manuels scolaires, à travers les récits et les photographies, il existe un vieux dicton auquel on s'amuse en chantant : "Trois choses chez l'esclave ne disparaissent jamais : dormir, voler, pisser au lit". Une génération de fils de maîtres ainsi éduqués ne saurait se dégager de cette prédestination sociale sans trahir l'ensemble du système.

3) Maintien et renouvellement de la domination :

On peut penser que tous ces mécanismes ne concernent que l'ancienne Mauritanie, la société rurale ou ce qui en reste. Malheureusement les choses n'ont pas changé, malgré le principe d'égalité proclamé par la Constitution de 1991 dans son Préambule, qui se réfère à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 et à la Charte Africaine des Droits de l'Homme de 1951. L'évolution, depuis l'existence de l'Etat en Mauritanie, tend au contraire à enraciner ce mode de fonctionnement pour une raison simple, liée à l'impératif de reproduction des élites.

Les descendants des maîtres d'hier assurent le maintien de ce système d'exploitation en exerçant leur nouvelle fonction : magistrat, homme d'affaires, directeur d'entreprise publique, officier supérieur de l'armée, avocat, enseignant, journaliste, leader politique, syndicaliste, diplomate, Imam... Un simple examen du rôle et du fonctionnement des institutions fait voir combien ce système cloisonné résiste à tout effort d'émancipation :

- Le monopole de l''institution religieuse :

Malgré l'ouverture des écoles coraniques ("Mahdras") et des institutions religieuses à tous les Mauritaniens, la profession d'Imam reste réservée aux Maures blancs. Le peu de Haratines qui contournent le barrage, pour une raison ou une autre, sont dénoncés par le comité du quartier ou du village, lequel sera soutenu par le Ministère de l'Orientation Islamique, qui a seul le pouvoir d'agréer les Imams. Celui-ci n'hésitera pas à faire recours au texte de la Sharia, qui interdit aux esclaves de diriger une prière, à plus forte raison d'exercer le métier de théologien. Dans toutes les administrations des tutelles, ce sont donc les mêmes individus, fils de maîtres, qui assurent la continuité de l'idéologie fondatrice.

Ce champ d'émancipation sociale est donc à son tour interdit aux fils d'esclaves et aux affranchis, ce qui freine toute remise en cause du statu quo, et ceci au nom d'une religion qui fut d'abord celle des opprimés : les premiers disciples du prophète Mahommet étaient les esclaves des tribus arabes de la Péninsule, qui lui ont apporté soutien et protection.

- Le contenu religieux de l'enseignement moderne :

L'école publique, dans la Mauritanie actuelle, tend à supplanter l'école coranique. Mais le contenu de l'enseignement reste le même, car les programmes d'instruction religieuse (IMCR) y ont la même place que les autres disciplines. Le système éducatif mauritanien n'a jamais été l'objet d'une réforme de fond depuis l'indépendance : il n'a pas même tenté de prendre en considération l'évolution de la société, la ratification des instruments de droit international, l'avis des professionnels de l'éducation.

Dans tout l'enseignement, de l'école primaire à l'université, on continue à enseigner le statut de l'esclave du point de vue de la Sharia : individu de second rang, il n'a pas les mêmes obligations civiles, pénales et religieuses que l'homme libre. En outre les villes d'esclaves que sont les "Adwabas" ne bénéficient pas des mêmes infrastructures éducatives que celles des autres villes du pays : les esclaves disposent juste de quelques classes d'alphabétisation destinées aux adultes, mais les maîtres évitent de leur laisser le loisir de les fréquenter.

La doctrine esclavagiste, dans les IMCR, s'illustre dans les règles de l'aumône, de la diya, de la prière, qui reproduisent le programme coranique vu précédemment. L'interprétation rigide de la loi islamique fait qu'au niveau des droits et devoirs religieux, l'égalité affirmée dans la Constitution républicaine n'existe évidemment pas. A l'université, l'enseignement du droit musulman, qui est obligatoire pendant les quatre années de maîtrise, prend toujours en considération le statut de l'esclave, qui apparaît aux programmes suivants :

- L'héritage : il ne comporte aucune part réservée à l'esclave, qui représente, lui, la moitié de la part de l'homme libre.

- Les contrats : on retrouve la vente de l'esclave parmi les actes recensés en droit civil.

- Les litiges judiciaires : l'esclave n'a pas le droit de témoigner.

Les maîtres ont donc réussi à introduire les fondements de la domination dans le système éducatif , qui prend en charge la formation des générations futures.

- La Justice :

La justice en Mauritanie, à l'image des autres services publics du pays, alimente la longévité du système esclavagiste à travers deux aspects :

La législation : le Préambule de la Constitution républicaine de 1991 affirme que l'Islam est la "seule source de droit"; plus loin l'article 5 stipule que "L'islam est la religion du peuple et de l'Etat" .

L'illustration de ces principes constitutionnels se retrouve clairement dans le domaine pénal, malgré l'adoption du principe de légitimité dans l'article 4 du code pénal. Un renvoi explicite est fait à la Charia qui incrimine "tout acte contradictoire aux principes et valeurs de l'Islam". Enfin, l'esclavage ne fait pas partie des délits et crimes prévus par le code pénal.

L'organigramme de la justice prévoit des tribunaux parallèles qui traitent toute affaire relevant du statut personnel, dirigés par des "Cadis", juges de droit musulman. Le fait d'être "libre" ne figure pas parmi les critères officiels de recrutement des juges. Mais en pratique, et conformément à la même logique, l'esclave ne peut pas juger, ce qui explique l'absence des fils d'esclaves dans le corps de la magistrature. Depuis l'indépendance jusqu'à nos jours, aucun maître n'a jamais fait l'objet d'une condamnation pour crime d'esclavage. En revanche, il arrive à ces "juges" de formaliser des ventes d'esclaves.

- Le service public

En Mauritanie, bien que l'égalité d'accès aux bourses d'étude à l'étranger ne soit pas niée en droit, on aura du mal à trouver un fils d'esclaves occupant un poste de responsabilité, quelles que soient ses compétences et son simple droit de citoyenneté. Ce constat concerne aussi bien les portefeuilles ministériels, l'administration, les forces de l'armée et la sécurité... Parallèlement à cette exclusion, on a mis au point une méthode de sélection qui effectue un dosage ethnique de façade, destiné à tromper les partenaires du pays. Le droit de tous à la citoyenneté devient une promesse de réussite individuelle.

On trouve l'équivalent de cette volonté politique dans les réactions de l'opinion. En 1984, la première nomination d'un fils d'esclaves comme Ministre (Messoud Ould Boulkheire) a provoqué l'indignation parmi les notables, et la moquerie dans le peuple. On entendait parmi d'autres ce refrain : "Je connais Messoud qui tire le lait des chèvres, mais Messoud qui dirige et qui gère, on n'avait jamais vu ça".

En 1995, dans le cadre de la même politique de dosage ethnique, on a vu le pouvoir nommer Ministre du Développement Rural un esclave issu de la communauté soninké (Timera Boubou). Après quelques semaines d'exercice, celui-ci a été limogé à la suite d'une pression exercée sur les notables de sa communauté par leur représentant, Sidney Soukhna - à l'époque chargé des Droits de l'Homme auprès de la Présidence, aujourd'hui ambassadeur de Mauritanie en France : la communauté Soninké disait ainsi son refus d'être représentée à la tête de l'Etat par un esclave.

Le simple examen de la liste des diplomates mauritaniens montre que les fils d'esclaves deviennent rarement ambassadeurs - sauf aux USA, où le lobby anti-esclavagiste, très actif, parvient à se faire entendre mieux qu'ailleurs. Sachant qu'une grande partie de la classe financière est une création de l'Etat, issue d'une politique de crédits, d'exonérations et d'avantages fiscaux, il en est de même dans le milieu des affaires.

II. Les Haratines : quel avenir politique ?

1) La longue marche politique.

Les autorités mauritaniennes ont la volonté de faire perdurer ce système d'exploitation, escomptant la passivité des opprimés de toujours. Mais le mode d'exclusion des Haratines de Mauritanie déborde le simple cadre des violations des droits de l'homme pour prendre une dimension politique particulière, qui peut faire penser à une situation d'apartheid. La marginalisation au long cours de plus de la moitié de la population nationale engendre une prise de conscience progressive. La revendication croissante d'un légitime partage de pouvoirs, se heurtant au blocage étatique, tend à s'affirmer réactivement sur un mode identitaire. Le poids démographique de cette population ancestralement opprimée, porteuse de frustrations et d'espoirs à la fois, crée une situation explosive.

- L'histoire d'une mobilisation :

La première revendication autonome de cette communauté s'est exprimée à travers un mouvement créé par un groupe d'intellectuels et de cadres haratines, El Hor. Face à leur volonté d'intégrer le paysage politique, le pouvoir a réagi par une campagne de répression. Toutes les familles politiques y ont contribué, afin de barrer la route à ce nouveau rival. Car miser sur les Haratines s'était révélé payant, pour les mouvements d'opposition qui n'assumaient pas une logique de rupture avec l'ordre ancien. L'explication que propose El Hor de ce phénomène est très pertinente :

"Si le parcours à été laborieux , particulièrement parsemé d'embuches et vain jusqu'ici, c'est que la démarche politique à été mauvaise. En effet, alors que les premiers dirigeants du pays, soucieux surtout de consolider leur pouvoir, avaient recouru à l'opportunisme colonial, les courants progressistes et nationalistes de l'époque (c'est le cas encore aujourd'hui) n'ayant pas suffisamment de courage pour affronter les problèmes internes, préférèrent les occulter en se réclamant tantôt de Nasser, tantôt de D'aflagh, de N'kruma ou de Mao. En d'autres termes, la lutte politique, ignorant les réalités mauritaniennes, s'était d'emblée engagée au niveau du panarabisme , du panafricanisme et l'internationalisme prolétarien."

Malgré la répression policière et la mauvaise foi politique, le mouvement a eu beaucoup d'échos dans le milieu haratine. Mais il s'est vite divisé, dès que le parti "bath" iraquien s'est intéressé à la prise de pouvoir à Nouakchott. Sentant le risque d'une alliance entre les Haratines et les Négroafricains, ce parti a réussi à se faire rallier par une partie des membres fondateurs de El Hor à travers la revendication de l'arabité des Haratines; tandis que les autres sont restés attachés à leur choix idéologique initial : s'affirmer comme nouvelle composante nationale à travers leur histoire propre, leur origine noire et leur culture hassanophone. El Hor veut rompre l'ordre ancien en bousculant les réflexes acquis et les privilèges iniques, au point de renverser le système de autoreprésentation qu'il a installé.

"El Hor dorénavant veut caractériser l'avènement d'une société tout à fait nouvelle où le vocable haratine se portera avec fierté comme un étendard, et ne sera plus synonyme de mauvais sceau du destin qui se subit comme la fatalité". Cette politique leur a permis de s'imposer à partir de 1984 comme représentants de la communauté haratine à travers la nomination de Messoud Ould Boulkheire, leader d'El Hor, comme Ministre du développement rural. D'autre part, lors des premières élections législatives depuis l'arrivée des militaires au pouvoir, en 1986, le mouvement a réussi à présenter des listes de candidature, dont le succès a affirmé le poids des Haratines comme force électorale.

- Obstacles à la mobilisation.

Malgré les attaques des uns et des autres, cette élite a donc réussi à marquer des points. Mais l'exploitation gouvernementale des Haratines, accompagnée au besoin de leur militarisation, a régulièrement neutralisé ou freiné le mouvement, sur le modèle de ce qui s'était passé en 1966. Voilà comment le mouvement El Hor présente lui-même les événements d'alors :

"Quand survinrent les tragiques et douloureux événements de 1966, première grave cassure entre Maures (Arabes) et Négro-africains, inconsciemment ils y prirent une part très active, se faisant remarquer par leur acharnement sur leurs frères de couleur : manipulés et encadrés par leurs maîtres, ils tuèrent et pillèrent comme des chiens lâchés, pour se retrouver, quand tout fut fini, avec un goût d'amertume et une question lancinante : pour qui ont-ils fait cela?"

C'est à partir de là que les Haratines ont commencé à développer une conscience identitaire, se sentant lâchés par tous après la réconciliation entre les deux communautés. Ils se sont néanmoins refait piéger lors de la guerre du Sahara : lorsque le pouvoir lança alors un appel patriotique pour défendre le territoire national, ils virent dans la défense de la "patrie" un moyen de se libérer, et acquirent de fait, comme combattants, une provisoire égalité de traitement avec les hommes libres. Mais aux lendemains de la guerre, le paysage politique reprit ses couleurs habituelles (tribu, ethnie).

Les Haratines, qui n'avaient plus qu'à pleurer leurs morts sans consolation ni réparation, se retrouvaient, démobilisés, n'ayant ni maître, ni terre ni troupeau, et d'autant plus disponibles pour une adhésion massive au mouvement.

La nécessité d'une affirmation autonome s'est manifestée, en 1989, lors des événements tragiques nés du conflit entre la Mauritanie et le Sénégal. El Hor a alors lancé un mot d'ordre suivi d'un encadrement sur le terrain, pour empêcher les Haratines de se faire enrôler de nouveau, cette fois comme force de frappe dans la chasse aux Négromauritaniens. Mais l'encadrement des forces de l'ordre qui encourageaient et protégeaient les pilleurs au contraire a désamorcé leur mobilisation.

Les élections de 1990 ont marqué la vraie poussée des Haratines : ils ont alors présenté la candidature de Messoud, qui a été battu avec beaucoup de difficultés grâce à la coalition conservatrice et la fraude. Cette nouvelle montée des Haratines a effrayé le pouvoir et ses soutiens parmi les notables esclavagistes, qui ont alors pris le parti de récupérer le mouvement lors des élections syndicales en 1991, alors que El Hor s'apprêtait à contrôler le principal syndicat national.

Cette infiltration policière de la direction d'El Hor a permis le sabotage des élections syndicales et le ralliement de quelques dirigeants au pouvoir. Ce fut là un coup dur porté au mouvement au moment même de ce qui devait être l'ouverture démocratique. El Hor a néanmoins réussi à mener la première coalition de l'opposition avec les autres partenaires de l'opposition : le FDUC (Front Démocratique Uni pour le Changement), qui deviendra plus tard l'UFD (Union des Forces Démocratiques) dirigée par Messoud Ould Boulkheire.

Celui-ci, comme on l'a vu, a été refusé comme candidat de l'opposition aux présidentielles de 1992 au nom de divers arguments "politiques" qu'il n'a jamais acceptés. Mais pour l'unité d'une première opposition démocratique, le consensus s'est fait sur la candidature indépendante de Ahmed Ould Daddah, soutenu par l'UFD, qui deviendra plus tard UFD/EN (Ere nouvelle). Avec cette nouvelle présidence du candidat maure qui avait échoué aux présidentielles de 1992, El Hor a dû se rendre à l'évidence: les leaders de l'opposition eux-même ne sont pas prêts à faire du problème de l'esclavage une priorité.

"Au sein de l'opposition , on ne semble plus disposé à bousculer le statu quo : ses dirigeants se sont jusqu'ici gardés de mettre en avant , dans leur discours , le fait - évident , mais opposé à la tradition dans le pays - que l'islam déconseille fortement la mise en esclavage de musulmans".

Bien que les Haratines représentent un potentiel électorat majeur, l'opposition continue à s'adresser à cette communauté à travers les notabilités traditionnelles maures, c'est-à-dire à en faire des non-sujets politiques.

On peut du reste dire que L'UFD /EN a été un parti d'opposition mais pas de changement radical, ce qui explique ses réticences à prendre en charge la spécificité des Haratines à travers leur intégration citoyenne. Cependant la participation de El Hor à l'UFD/EN a été une importante expérience politique pour les cadres du mouvement, qui ont ainsi pu s'affirmer de manière décisive dans le paysage politique national.

Dans ce climat très tendu ils ont fini par quitter le parti en 1994 , pour créer un an plus tard AC (Action pour le Changement) avec les dissidents négro-africains de l'UFD réunis en "Comité de crise". Ce nouveau parti constitue une force politique pleine de potentialités, malgré les difficultés rencontrées aussi bien au niveau de ses moyens matériels que de l'opinion.

Celle-ci ne veut tout simplement pas voir les Haratines disputer les reines du pouvoir aux "Maures", réaction très révélatrice de la pensée dominante. Une formule populaire a ainsi rebaptisé AC "Abd Complexés", c'est-à-dire "Esclaves Complexés". Face à cette campagne de dénigrement à laquelle tous ont participé, AC a réussi à toucher la masse des Haratines en présentant une alternance à travers un parti qui échappe à l'évidence de la domination maure.

C'est la seule formation qui ait élaboré un plan d'éradication de l'esclavage, malgré le taux d'ignorance très élevé dans cette communauté, contournant l'analphabétisme de la population en faisant circuler son discours radical en cassettes audio dans tous les Adwabas du pays.

Après ce succès, d'autres problèmes ont surgi. Les Négro-africains craignent que le discours sur l'esclavage ne prenne le dessus sur la lutte contre la discrimination raciale : à l'occasion de divers incidents publics, plusieurs membres du comité de crise ont quitté le parti, par vagues successives, pour se diriger de tout côté politique, au profit de l'opposition ou du pouvoir. D'autre part, les Haratines n'ont pas échappé aux contradictions de leur communauté d'adoption maure.

Celles-ci se sont manifestées à travers la crise de régionalisme qui a secoué le parti : les Haratines originaires de l'est ont accusé les ressortissants du sud-ouest de vouloir dominer les instances. Ce clivage a diminué encore les rangs du parti, resté malgré tout l'unique voix des sans-voix.

Lors des dernières élections législatives (2000), on a vu pour la première fois dans l'histoire du pays quatre députés AC siéger à l'Assemblée Nationale, dont deux Haratines, et ceci malgré la fraude électorale. Cette tribune leur a permis de poser leurs problèmes parmi d'autres, ce que le pouvoir a d'autant moins apprécié que les débats à l'Assemblée Nationale sont diffusés dans les medias officiels.

Mais cette nouvelle tribune s'est très vite retournée contre ses animateurs, lorsque la censure est intervenue à travers des montages mal intentionnés, présentant la personne de Ould Boulkheire et sa communauté comme revanchards ennemis des Maures. Le souci de radicalité des députés haratines a donné prise aux manoeuvres du pouvoir : celui-ci prépare l'opinion pour l'interdiction d'AC, ce qui explique en partie le silence de la rue en 2001après sa dissolution.

Ce scénario obligé - une mesure provocatrice pousse les Haratines à la violence, afin de les réprimer sous les yeux approbateurs d'une opinion montée contre eux - est exactement le même que celui qu'avait utilisé le pouvoir contre les Négro-africains en 1989. Il n'a pas entamé la vigilance des dirigeants du parti, qui savent qu'ils ne peuvent pas actuellement assumer un tel affrontement, et qui ont essayé de retrouver la "légalité" à travers la création d'un nouveau parti, "Convention Pour le Changement", lequel a été refusé par le Ministère de l'Intérieur, mais bénéficie d'une certaine tolérance au sein de la coordination de l'opposition.

Mais le véritable enjeu sera les présidentielles de 2003, auxquelles Messoud voudra participer, alors qu'il ne dispose d'aucun parti pour soutenir sa candidature. Ce sera certainement un tournant à haut risque dans l'histoire politique du pays : si le pouvoir cherche à l'en empêcher, il sera difficile d'éviter un affrontement civil entre les maîtres de toujours et les esclaves d'hier.

- Les Haratines et la société civile.

A ce non-lieu observé au niveau des partis politiques quant à la question haratine, s'ajoute un silence complice de la part de ce que on peut appeller la société civile. La défunte "Ligue Mauritanienne des Droits de L'homme", qui a pris en charge pendant une décennie la question des droits de l'homme en Mauritanie (torture, discrimination raciale, censure, fraude électorale...), n'a jamais fait état de l'esclavage.

Le plus dramatique est que quelques militants politiques de la communauté noire au USA et en Europe ont exploité la question de l'esclavage en le réduisant au problème racial, confusion simplificatrice destinée à donner un poids supplémentaire à leur cause, et à mettre en parenthèses l'esclavage dans leurs communautés respectives.

Pendant tout ce temps, les Haratines ont été les otages d' une exploitation politique et d'un négationnisme inavoué : en dehors des colonnes de la presse en 92 et de El Hor, le problème n'a guère été posé. Ce étouffement a fait l'affaire de tous leurs adversaires, au pouvoir et dans l'opposition, qui craignaient de se retrouver marginalisés politiquement, ne pouvant plus récupérer le potentiel mobilisateur de l'esclavage après la prise de conscience des victimes directes.

En 1995, la question haratine s'est introduite dans les débats politiques à travers la création d'une ONG spécialisée dans la question, SOS-Esclaves. L'originalité de sa démarche consiste à poser le problème en termes de responsabilité nationale, et à rassembler fils de maîtres et fils d'esclaves. Le sens qu'elle a donné à sa démarche a beaucoup dérangé les autorités, qui ont procédé à l'arrestation de ses dirigeants en 1998, après qu'ils aient dénoncé l'esclavage sur France 3 : ils avaient transgressé l'interdit en faisant entendre pour la première fois en Europe la parole d'une victime, afin de mobiliser l'opinion internationale sur ce drame qui touche la moitié de la population mauritanienne.

Cette organisation assiste les victimes, engage des avocats pour assurer leur défense, dénonce la complicité de la justice et l'administration avec les maîtres, sensibilise les esclaves dans leur Adwabas contre leur exploitation électorale par les chefs de tribus. Surtout, elle publie depuis cinq ans un rapport annuel détaillé sur la situation de l'esclavage dans le pays. Mais sa non-reconnaissance l'empêche de faire l'essentiel du travail : la sensibilisation des esclaves à l'intérieur du pays resté coupée du monde, et les offres des services éducatifs et sanitaires...

- Une culture enfouie.

Au-delà de la question des droits de l'homme et du devenir politique, il ne saurait y avoir d'émancipation réelle des Haratines sans que leur communauté soit reconnue dans tous ses aspects. Or ils sont complètement exclus de la création de l'opinion et de la vie artistique publique : on ne les voit ni ne les entend dans les médias, les centres culturels, les spectacles et les festivals. Cette exclusion culturelle freine la reconnaissance de l'identité des Haratines, telle qu'elle s'exprime à travers leurs chants, leur danses et leurs poésies. Les medias du pays - y compris la presse indépendante - ne prennent pas acte du rôle qu'ils pourraient avoir dans la diffusion de cette culture, pourtant décisive pour l'émancipation réelle de cette caste.

D'autre part, cet univers artistique particulier mériterait un travail au plan de l'art et de l'anthropologie à la fois. Louange et lamentation s'y expriment en même temps selon les rituels du Medh et du Banjhe. Ces rites de chants et de danses se déclenchent spontanément, après la journée de travail, sur un terrain spécial ("merjea") en marge du campement. Un homme ou une femme entonne le chant, repris par les autres esclaves qui le rejoignent un à un après leurs tâches domestiques, et se mettent à danser, parler et fumer. Cette fête quasi quotidienne peut durer jusqu'à l'aube, et se substitue souvent au temps du sommeil.

Le "Medh" (la Louange) permet aux Haratines d'évacuer la douleur de leur vie d'esclave en chantant des hymnes à Dieu, au Prophète. Il est accompagné d'une danse, "banjhe", qui est aussi un art martial, dont les gestes métaphorisent la violence d'un combat en souffrance : deux hommes face à face brandissent chacun un bâton l'un contre l'autre, jusqu'à ce que l'un fasse tomber celui de l'autre, pendant qu'autour d'eux les femmes, jeunes et vieilles, font la ronde en lançant des youyous et tapant des mains, sautant sur un pied, tête baissée vers le sol. Il est rare que ces cérémonies aient lieu sans blessure.

Ces chants et ces gestes sont accompagnées d'une flûte bédouine médiévale, qui semble faire remonter la plainte vers les cieux, tandis que les corps humains sont entièrement rivés à la terre par leur pesante vie de labeur. Les hommes aux percussions jouent avec leur tambour en le jetant haut en l'air, et en le rattrapant avec les dents par la corde; ils dansent et tournent sur eux-même tout en frappant le tambour à la paume, au coude et au pied. La virtuosité et la fébrilité des mouvements de leur corps, occupés à danser et à jouer à la fois, semble vouloir rythmer une énergie qui déborde de tous côtés. Chaque chant, ainsi ponctué, s'achève avec la louange du maître.

Conclusion.

Malgré le mépris des autorités mauritaniennes pour les militants antiesclavagistes, qui n'ont jamais cessé de réclamer la mise en oeuvre réelle de l'éradication, et même de se proposer pour y contribuer activement, l'esclavage est aujourd'hui au coeur du débat politique. L'intervention récente de certaines instances étrangères dans ce débat - colloque d'Aircrige à la Sorbonne en juin 2002, rapport d'Amnesty International en novembre 2002 - a provoqué des réactions si violentes sur ce sujet que le pouvoir a montré là, avec sa violence, une vulnérabilité particulière, et ceci à quelques mois des présidentielles.

Les autorités se sentent gênées, car elles ont déjà donné le mot d'ordre aux notabilités de "dresser" leurs esclaves en faveur du candidat à sa propre succession, le colonel Taya. Celui-ci a fait dire à son porte-parole, en réplique à Amnesty, que le pays était "ouvert" à toute demande d'enquête sur l'esclavage. Il serait intéressant de vérifier le propos en mettant à l'épreuve cette ouverture toute nouvelle.

Par Abdallahi Hormatallah, secrétaire chargé de la communication de SOS-Esclaves (Mauritanie).

Ce texte fait partie du dossier rassemblé par l'Association Internationale de Recherche sur les Crimes contre l'Humanité (AIRCRIGE), à l'issue du colloque "Dictature et racisme d'Etat au Soudan et en Mauritanie : répression, esclavage, extermination", 31 mai-1er juin 2002 à l'Université de Paris IV-Sorbonne.


jeudi 9 mai 2013

Nouvelles d’ailleurs : Les damnés de la terre....


(MMD. Crédit photo : Nathalie Duvarry)
Esclavage, séquelles de l'esclavage, haratines, discriminés, stigmatisés, descendants d'esclaves, esclaves... Derrière la bataille des mots et ses victimes collatérales, c'est tout un enjeu politique qui livre une guerre impitoyable, à savoir qui remportera un éventuel leadership de la communauté la plus nombreuse de notre République.
Il aura fallu des décennies, après les combats d'El Hor, pour, qu'enfin, le sort de nos « damnés de la terre » devienne un enjeu politique. Et qui dit enjeu politique, dit automatiquement combats.
Pendant des années nos pouvoirs successifs ont fait dans le grand écart : stigmatiser l'esclavage, légiférer sur son abolition et, en même temps, se refuser à toute concrétisation judiciaire de pratiques pourtant proscrites.
Notre pays s'était enorgueilli, et continue à le faire, d'avoir aboli l'esclavage, déclamant devant tous les bailleurs de fonds internationaux combien nous avions fait un pas important.
Sans s'appesantir sur le manque de cohérence de la loi. La Mauritanie a aboli l'esclavage. Bien.
Mais en « libérant » des centaines de milliers d'êtres humains, en interdisant le commerce de chair humaine, nos politiques ont « oublié » que l'interdiction de l'esclavage ne devait pas rester qu'un voeux pieux, une déclaration d'intention certes louable mais peu efficace.
Les esclaves ont quitté, pour certains, leurs maîtres pour aller s'entasser dans nos périphéries pauvres, dans ces gazra immenses, crevant de faim, taillables et corvéables à merci. Du joug « sociétal », ils sont passés au joug économique, à l'exploitation de leur force de travail.
Les autres, sans moyens financiers ou économiques leur permettant de s'affranchir réellement de la tutelle des familles « propriétaires » ont fait le choix de rester chez leurs anciens maîtres.
La mort dans l'âme. Et n'ont pas vu leurs conditions de vie s'améliorer, ni le regard de la société sur eux.
Dans notre pays de cocagne on naît esclave, on meurt esclave. La liberté dans le poids des pesanteurs sociales.
Un hartani reste un hartani, nonobstant ce que tous les textes officiels peuvent dire.
Nos sociétés sont si sclérosées, si repliées sur des fantasmes, des constructions dites « traditionnelles », que chacun a sa place, prédéfinie, cette place qui dessine toutes les attitudes et comportements.
Le pouvoir actuel et ses thuriféraires ont beau clamer sur tous les tons que l'esclavage n'existe plus et que nous sommes face à des « séquelles d'esclavage », ce phénomène est bien réel.
Il suffit de regarder dans nos rues : les haratines sont partout, ils sont le sous-prolétariat, ce monde de travailleurs exploités et exploitables à merci et à volonté.
Ce sont eux qui creusent nos canalisations; ceux sont eux qui forment le gros des dockers, ceux sont eux qui survivent devant des étals misérables, ceux sont eux qui sont les domestiques....
Nous les voyons tous les jours, bêtes de somme peu payées, à la recherche désespérée d'une survie quotidienne aléatoire,
Nous les voyons tous les jours, gardiens misérables de chantiers, entassés dans des baraquements de fortune, au milieu de nos quartiers en pleine expansion.
Nous les voyons tous les jours aux marchés.
Nous les voyons sans les voir.
Enjeux misérables de luttes politiques sanglantes, ils sont au carrefour de toutes les revendications communautaires, otages involontaires d'une situation politique crispée. Chaque communauté, si tant est que l'on puisse parler de « communautés » noires et/ou blanches, les revendique comme siens.
Les « Maures » les considèrent comme appartenant à leur communauté; les « Noirs » les revendiquent « Africains »; chacun essayant de faire pencher la balance démographique communautaire dans un pays qui a perdu tous ses repères de cohabitation entre communautés.
Ils sont les otages des prochaines élections, les bataillons de crève-la-faim que l'on ira chercher partout afin qu'ils votent « bien ».
Le pouvoir actuel a bien compris l'enjeu et tente de couper l'herbe sous le pied des abolitionnistes et des militants de la société civile : en créant son agence Tadamoune, il se pose en justicier, allant jusqu'à accorder à la nouvelle agence le pouvoir d'ester en justice....
Entre alliances, stratégies, cooptations, petits arrangements entre amis, déstabilisation, il y a les haratines.
Bien loin de toute cette soupe politique qui se joue à Nouakchott.
Nous voilà pourvus d'une nouvelle agence de lutte contre l'esclavage, agence créée en parallèle du Commissariat aux Droits de l'Homme qui a montré ses limites.
A sa tête, notre ancien ministre de la Communication.
Je reste perplexe devant ce choix, non pas sur la capacité de l'homme et son intégrité, mais sur le choix, encore un, d'un homme qui, aux yeux de la masse des haratines, représente, dans leurs têtes, les anciens maîtres.
Je reste persuadée que pour comprendre et agir en faveur des haratines, il faut avoir été hartani.
Il faut avoir vécu dans sa chair les ostracismes, les rejets, les racismes, les exploitations.
Il faut être né « esclave » pour comprendre la souffrance des haratines.
Pour comprendre ce qu'être hartani signifie.
Pour répondre aux besoins il faut connaître ces mêmes besoins.
Sinon nous restons dans la configuration tellement confortable que nous érigeons en politique absolue, à savoir, l'image déformante du « gentil et démocrate blanc » répandant la bonne parole chez les « gentils et miséreux haratines ».
Encore une fois c'est la classe dominante qui va gérer nos damnés.
Que connait un politique de NKTT de la vie dans le Triangle de la Pauvreté?
Que connait un politique du sérail à la vie dans les gazras?
Que connait un politique de notre microcosme politique à géométrie variable, de la colère, de la rage, du désespoir, des rejets, des stigmatisations, de la famine?
Que connait un politique nouakchottois de la marque au fer rouge que représente le regard des autres?
Nous sommes malades de nos contradictions et de nos déchirures. Aveugles, nous pensons un monde que nous parons de toutes les vertus et de tous nos racismes.
On naît esclave, chez nous, et on reste, malheureusement, esclave.
Je défie quiconque de me dire le contraire. Il suffit que l'on parle « mariage » par exemple, pour que le vernis s'écaille : la liberté des uns s'arrête dans les schémas sociétaux des autres.
Nous serons enfin libres, dans nos têtes, quand une fille « de grande tente » (comme on dit, n'est ce pas?) pourra épouser un hartani sans que cela provoque l'ire de toute la tribu.
Nous serons libres, enfin, quand un Hartani pourra être élu à la tête de notre pays.
Nous serons libres, enfin, quand dans les manuels scolaires, l'esclavage sera abordé.
Nous serons libres quand, enfin, nous aurons admis nos racismes quotidiens, nos vanités vaines, nos compartiments mentaux, nos scléroses, nos orgueils, nos utilisations dévoyées de l'Islam pour permettre l'exploitation humaine.
Je regarde les photos des manifestations des dockers et en ces forçats, ces bagnards, ces miséreux parmi les miséreux, je vois notre avenir, notre force, notre richesse.
Ils sont notre chance d'échapper à l'éclatement, eux qui ont construit la Mauritanie, eux qui sont la troisième force, entre monde arabe et monde noir, véritables traits d'union.
Ils sont notre reflet.
Salut
Mariem mint DERWICH

mercredi 1 mai 2013

Moralité : la Mauritanie, un pays aux abois où les chiens passent…

 

 

Voilà c’est fait : Lancement officiel de  la troisième version du manifeste du h’artani opprimé…

La première version a été élaborée « clandestinement » en octobre 2012. Elle apparaît en ligne en janvier 2013 sous une deuxième version  avec la mention «  confidentiel ». Le texte appelait à signer une pétition disponible nulle part et le texte n’était signé que  par des anonymes sous l’appellation « cadres haratines de l’opposition et du pouvoir... » sans que le citoyen lambda ne puisse savoir de qui il s’agit exactement. ..


http://www.noorinfo.com/Confidentiel-le-manifeste-du-hartani-opprime-est-desormais-en-ligne_a7044.html

La dernière version revue et corrigée a été apparemment lancée avant-hier. Texte rédigé d’une main de maître, mais sans nègre, qui met à jour quelques chiffres terrifiants non pas au sujet de la masse des h’ratines qui attendent que les efforts du pouvoir achèvent de donner du temps au temps face à l’amplitude des profondes séquelles de l’injustice et de l’exploitation héritées d’une société féodale quasiment intacte à en juger par les chaînes mentales où les négro-mauritaniens n’ont rien à envier aux maures en matière d’esclavage et séquelles parfaitement actives, ce texte rédigé d’une main de maître donne surtout des chiffres terribles car ils montrent que l’injustice et la marginalisation des cadres h'ratines sont manifestes au cœur du pouvoir sans que cela ne soit justifié par le fameux prétexte de l’ignorance et l’incompétence des masses h’ratines.


Les chiffres crient d’eux-mêmes, et leur voix sans écho est un arrêt sans appel.


Celui qui avale le mieux la couleuvre officielle du manifeste du h’artani opprimé ce n’est pas un h’artani, encore moins un chauvin fils d’émir, mais un bon maure assez proche du pouvoir et qu’on peut accuser de tout sauf d’être un révolutionnaire. S’il tient de pareils propos c’est qu’il sait que ça ne sert plus à rien de jouer au pompier car en vérité, comme nous sommes nombreux à le penser, le mal est fait à cause rappelle Oumeir  « du refus de partager » manifeste ; c’est le cas de le dire...


En effet, avec Oumeir, on peut pleurer de voir que la fracture est consommée entre l’intelligentsia h’ratine et les maures du système car les vrais responsables de cette déchirure sont ceux qui ont détruit et pillé la Mauritanie car ce faisant c’est le pire de la nation qui a proliféré sur la Mauritanie fraternelle en décomposition. Nommer ici et là des h’ratines comme faire-valoir est une chose car c’est d’abord un droit mais cela ne peut éternellement cacher le reste à savoir cette demi-fraternité.


Voyez ce qu’il a fallu faire comme bruit depuis près de 3 ans pour avoir enfin un et un seul h’artani général car en la matière l’humour du pouvoir va loin car on dit qu’il y avait déjà un général h’artani de culture arabo-berbère mais c’est un général h’artani blanc de ceux qu’on ne traite pas de h’artani comme les Nougheit et autres car le terme est infamant à un certain degré de métissage.


Tout cela est lamentable mais le mal est fait et la vérité infecte ne peut plus être niée. Nous vivons dans une société où le racisme noir et blanc a été savamment distillé sans que les criminels ne soient jamais mis hors d’état de nuire au contraire le pouvoir les recycle toujours. Le racisme est là et la folie des classes sociales encore plus présente même si avec l’argent, un esclave peut épouser une fille d’émir car au-delà de la mythologie à l’heure des mites, l’argent reste un maître sans couleur ni caste, il anoblit comme pour rappeler ce que vaut le terme.


Reste une inquiétude : que valent ceux qui portent ce manifeste ? En quoi sont-ils différents de notre classe politique car la caque sent toujours le hareng et rien ne permet de croire que ces h’ratines soient moins politicards et intéressés que les aînés qui ont rejoint le silence au cœur du système pour un poste. Pourvu que tout cela ne soit pas la poussée d’une certaine jeunesse H pour prendre la place des aînés bientôt à la retraite au cœur du système ou  à sa périphérie dépendante car alors tout ceci ne serait qu’une vaste fumisterie de plus.


D’ailleurs, Oumeir note en passant que cette sortie arrive avec la mise à jour du retour des Flam dont une délégation a été reçue par Aziz « avec diligence » selon le communiqué ravi des Flam qui ne porte pas la moindre mention du hic de l’enrôlement à Paris à moins que tout ce beau monde sera renaturalisé mauritanien par décret de sa majesté mais Oumeir oublie, comme nous l’avons souvent rappelé lien à l’appui vers un article de jeuneafrique, que Thiam Samba a toujours estimé que le pouvoir devrait être partagé entre les deux communautés qu’il reconnaît à savoir « partage des pouvoirs entre Négro-Mauritaniens et Arabo-Berbères ».


http://www.jeuneafrique.com/Article/LIN07107sambamalfse0/


 Il n’a jamais été question pour les FLAM de partage de pouvoir entre trois communautés. Aussi, pourrait penser Oumeir, tant qu’à faire, il vaudrait mieux pour les maures du système partager d’avantage avec la communauté h’artanienne que de risquer de tout perdre à affronter les deux communautés noires.


Une pensée aux nationalistes arabos errants : voyez l’état de la Mauritanie entre vos mains : un pays aux abois…


Voyons quelques chiffres du manifeste avant de lire la sortie d’Oumeir : 


«
1-    Plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers de haratines (les estimations sont approximatives en l’absence d’études indépendantes du fait des tabous nés du refus systématique par les gouvernements successifs) sont encore réduits à l’abominable esclavage de naissance, de statut et de condition avec toutes les sujétions et les traitements inhumains et dégradants qui s’y attachent : travail forcé et non rémunéré, viols et exploitation sexuelle, séparation des familles, ignorance et pauvreté, misère sociale et économique, absence de perspectives d’avenir et exclusion…etc ;

2- Plus de 80% des 1 400 000 personnes les plus pauvres en Mauritanie sont issus de la communauté Haratine ;

3- Plus de 85 % des 1500 000 analphabètes en Mauritanie en sont également issus;

4- Près de 90 % des petits paysans sans terre du fait de la tenure traditionnelle du sol ou de l’exploitation féodalo-esclavagiste, se recrutent au sein de ce groupe;

5  -Moins de 10 % des 30 000 hectares attribuées légalement et aménagés dans la vallée du fleuve ont profité aux petits paysans locaux, le reste à quelques dizaines de fonctionnaires, commerçants et hommes d’affaire souvent natifs des Wilayas non agricoles ;

6 -La parcelle d’un paysan local est en moyenne de 0,25 à 0,5 hectare contre une moyenne de 200 hectares pour la parcelle d’un fonctionnaire ou homme d’affaires agriculteur d’occasion;

7 -Moins de 10% des 2 à3 milliards d’UM de prêts accordés annuellement par le Crédit agricole pour financer la campagne éponyme, profitent aux milliers de cultivateurs  locaux (à majorité Haratines) contre plus de 90% pour les dizaines d’entrepreneurs de l’agro-business (ou prétendus tels) ressortissants de milieux et de zones  sans vocation agricole dans leur grande majorité;

8 - Moins de 0,1% des villas et habitations de haut standing des quartiers chics de Nouakchott appartiennent à des Haratines;

9 -Moins de dix diplômés  de cette communauté sur 200 ont profité du programme spécial d’insertion pour les diplômés chômeurs dans le secteur agricole au niveau de la plaine de  M’Pourié à Rosso ;

10-Plus de 90 % des dockers, domestiques, travailleurs manuels exerçant des métiers pénibles et mal rémunérés sont des Haratines ;

11-Plus de 80% des élèves de cette communauté n’achèvent pas le cycle primaire et moins de   5 % poursuivent jusqu’au bout du cycle secondaire ;

12 -Moins de 5 % des étudiants de l’enseignement supérieurs sont issus de cette communauté ; et une infime minorité de ce pourcentage perçoit des allocations d’études ;

13- Moins de 2 % des étudiants des grandes Ecoles nationales (ENAMJ, Ecole des Mines, Faculté de médecine, EMIA…etc) et étrangères sont issus de cette communauté ;

14- Moins de 0,1% des opérateurs économiques (hommes et femmes d’affaires importants) sont Haratines ;

15 -Moins de 2% des hauts fonctionnaires et cadres supérieurs du secteur public et parapublic sont Haratines ;

16-Moins d’une  dizaine de parlementaires Haratines sur 151 élus au niveau des deux chambres du parlement ;

17- Moins de 15 maires Haratines sur 216 et moins de 12 % de conseillers municipaux à l’échelle national;

18 - 2 Ministres Haratines en moyenne sur les 30 dernières années sur plus de 40 ministres et assimilés ; 20 ministres sur 600 de 1957 à 2012 ;

19-Un seul Faghih agrée sur plusieurs centaines ;

20-Quelques dizaines d’Imams sur des milliers reconnus et agrées ;

21 - 2 Secrétaires généraux de Ministères et Institutions assimilées sur 40 ;

22 - 1 wali(gouverneur de région) sur 13 ;
 
23 -  1à 2 hakems (préfet) sur 54 ;

24 - 1 à 2 Chefs de Mission diplomatique sur 35 environ ;

25 - 3 à 4 Directeurs généraux d’Etablissement ou de sociétés publics sur 140 ;

26 - 2 Présidentes de Conseils d’Administration  d’Etablissements ou sociétés publics sur 140 ;

27 - Moins de 50 médecins sur plus de 600 ;

28 - Quelques 100 ingénieurs sur plus de 700 ; et pourtant moins de 2% des ingénieurs en service au niveau des grandes sociétés et établissements nationaux (SNIM, SOMELEC, PAN…etc.) sont Haratines;

29  - Plus de 90% des diplômés supérieurs Haratines, se présentant aux concours et tests nationaux, se font stopper dans les ultimes phases d’entretiens verbaux ;

30 - La grande majorité des diplômés Haratines sont condamnés à l’exil, à la reconversion professionnelle ou à se résigner à l’exercice de métiers réputés ingrats et peu lucratifs (enseignants, guides touristiques, travail à temps partiel…etc.)

31 -  0 Président ou directeur de  banques, de sociétés d’assurance ou du secteur financier, de directeur de radio ou de télévision, parmi quelques dizaines d’établissements de cette nature ;

32  -  Moins de 20 professeurs d’université sur un nombre avoisinant les 300 ;

33  -  Une demi-douzaine de magistrats sur plus de 200 ;

34  -  Moins d’une dizaine de diplomates sur plus de 150 ;

35-  Moins d’une dizaine de commissaires de police sur plus de 140 ;

36 -  Une dizaine d’administrateurs civils sur plus de 200 ;

37 -  Moins de 40 officiers supérieurs sur plus de 500 ; dans ce cadre, le corps de la garde nationale constitue une caricature de la sélection ségrégationniste à l’égard des fils de cette communauté d’où leur nombre infime parmi les officiers tous grades confondus ; 
38   Un seul Hartani – médecin de surcroît – promu in extrémis au grade de général depuis moins d’un mois, sur les 19 généraux qu’a connus la Mauritanie ou qu’elle connaîtra d’ici la fin de l’année 2013.
   »




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« Identités meurtrières

Publication officielle du Manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratines», une occasion pour l’élite Haratine d’ouvrir les débats et de poser la problématique spécifique à une composante du peuple mauritanien, celle qui était jusque-là indissociable de l’ensemble Bidhâne. Un processus d’autonomisation entamé depuis mars 1978, avec la naissance d’El Horr, ce mouvement social qui tire sa légitimité de son engagement anti-esclavagiste et pour l’égalité des citoyens. On a lu déjà dans le document de l’initiative du Président Messaoud Ould Boulkheir, dans sa partie traitant des composantes que les Haratines faisaient partie des «Noirs de Mauritanie», au même titre que les Pulhaars, les Soninkés et les Wolofs.

Le 29 avril 2013, est donc nait, officiellement, une entité à part entière, revendiquant une identité propre, des droits spécifiques et une prise en compte affichée et volontariste de leur problématique.
De Habib Ould Hemet – prototype du cadre d’élite – à Birame Ould Abeidi – image du militant combatif -, en passant par les vieux, les jeunes, toutes les grandes figures qui ont fait le déplacement ou celles qui se sont fait représenter, tout ce monde s’était donné rendez-vous à la maison des jeunes comme pour bénir la démarche. Ni les cursus politiques, ni ceux universitaires, ne les parcours sociaux ou les origines, ne semblaient avoir pesé pour créer une différence. L’élite Haratine était là pour adopter un document élaboré en vue d’apporter quelques réponses à cette problématique social qui a fini par prendre une envergure politique avec notamment la perspective d’une exigence de partage du pouvoir. Au-delà du fait et de ses conséquences (que nous allons analyser dans le journal de la semaine), un constat doit être fait.
La manifestation de lundi est un couronnement et, en même temps, une sérieuse secousse qui emporte avec elle plusieurs projets.

Elle est couronnement d’un combat mené par une certaine élite pour faire prendre conscience de la problématique Haratine. Elle arrive au moment où les autorités viennent de créer une agence dédiée à cette problématique-là. Au lendemain aussi de la promulgation de lois révolutionnaires, criminalisant l’esclavage et allant dans le sens de la prise en charge de ses victimes par l’accès à la propriété, l’éducation, tout ce qui fait une discrimination positive à l’endroit de cette frange.
Elle est secousse pour ce qu’elle révèle d’échecs multiples. Echec pour l’entité Bidhâne qui semble avoir été incapable d’intégrer les exigences de la Modernité. L’élite Bidhâne d’aujourd’hui n’a pas pu (ou su) partager. Encore moins dialoguer.

Echec de l’Etat unificateur, de la Nation, du rêve commun… Faut-il rappeler ici que ce rassemblement arrive moins de 72 heures après la «normalisation» des Forces de libération africaines de Mauritanie (FLAM) et l’annonce de la probabilité pour eux de créer un parti politique. Lequel s’ajoutera aux «radicaux» (RAG), excroissance du mouvement «abolitionniste» IRA de Ould Abdeidi.

Et qui dit «échec de l’Etat» dit «échec de la classe politique dans son ensemble» qui a été incapable de satisfaire les revendications d’une élite qui prétend les prendre en charge…
En attendant de présenter et d’analyser le document rendu public, il est peut-être utile de rappeler à ceux qui, ces jours-ci, vont afficher de «belles» indignations dénonçant «les particularismes politiques»…, oubliant toutes ces réunions tribales célébrées en grande pompe ici et là. Réunions et manifestations tribales, velléités ethniques et/ou de classe…, cela relève d’un tout… qu’il fallait combattre ou, à défaut, composer avec. Sans oublier cependant que c’est ce qui reste quand tout a foutu le camp. »

dimanche 28 avril 2013

la ligue islamique noir

J’ai hésité pendant longtemps d’écrire sur ce sujet mais, je n’arrivais pas à le faire parce que je me disais étant musulman, arabophone de formation, je ne dois pas écrire sur ce qui pourrait être ressenti comme source de division entre les musulmans.

Mais, ce qui se passe aujourd’hui au Mali m’oblige humainement, intellectuellement, moralement et religieusement de le faire pour donner mon idée et inviter les musulmans à prendre conscience d’une certaine instrumentalisation de l’Islam qui se fait en leur nom.

Les Noirs de cette région sont devenus musulmans depuis le 11ème siècle. L’histoire nous enseigne que Waar Jaabi N’diaye, est le premier roi noir à embrasser cette religion à cette date.

Nous savons aussi qu’Askia Mohamed est parti au pèlerinage à la Mecque au 14 ème siècle avec plusieurs centaines de ses sujets, amenant avec lui des tonnes et des tonnes d’or. L’Islam a marqué cette partie du monde. La Mosquée de Djenne, construite en 1280 est là pour témoigner la date lointaine de cet Islam. Dans l’histoire la plus récente, les conflits religieux qui ont eu lieu entre les Oumariens, les Macinankove, et les Kounta, dénote d’un passé islamique qui n’est ni politique, ni idéologique, ni raciste à plus forte raison banditisme et trafic.

S’il y a un endroit où le Jihad est nécessaire ce n’est pas ici. Que ces « islamistes » sachent, s’ils ne le savent déjà pas, qu’au Maroc à Casablanca précisément, il y a des hôtels de prostituées, dont l’hôtel Mamoura où les filles sont exposées et parfois toutes nues. Il suffit de payer quelques dinars pour en choisir une.
Pourquoi ne pas aller là-bas, faire le Jihad ?
En Tunisie il y a des hôtels similaires où un musulman paie un dinar, un non musulman paie deux dinars ; la religion du client, reconnu par son sexe circoncis ou non étant le critère de cette tarification. Là on oublie que les juifs sont circoncis.
Pourquoi ne pas aller là-bas, faire le Jihad ?
En Libye, on sait que les animaux domestiques servent d’objets sexuels, les grands-mères chargées d’éduquer sexuellement les garçons et d’initier leurs petits enfants, parce qu’elles ne risquent pas de tomber enceintes.
Pourquoi ne pas aller là-bas, faire le Jihad ?
Si c’est vraiment pour l’Islam, il y a des choses à faire dans le monde arabe. Mais, non ! Comme aux yeux des Arabes, un noir est « abd », c'est-à-dire esclave et le Mali est un pays faible, habité majoritairement par les Noirs, il faut l’utiliser comme terrain pour appliquer le Salafisme, d’Ibnou Taymiyya, de Mohamed Abdul Wahab et celui de
Hasnou Albanna.
Sur ce, il faut monter la minorité blanche des Touaregs contre leurs compatriotes Bambara, Peul, Sonrhaï, Soninkés, Dogon et autres. Au lieu d’aller au Mali et faire revivre l’esclavage arabe comme au moyen âge, pourquoi ne pas répandre l’Islam aux non musulmans au Liban, en Syrie, en Palestine, en Irak, en Tunisie, au Maroc. Mais non, ceux là sont Arabes, ils méritent du respect.

D’ailleurs, les Chrétiens Libanais très bien introduits en Afrique, ne respectent pas non plus les Noirs, immigrés chez eux, un autre sujet. Pourquoi ils ne vont pas voiler les femmes journalistes d’Aljazeera, au lieu de vouloir le faire aux femmes noires Maliennes.

Non ce n’est pas pour l’Islam, c’est par mépris, haine et racisme vis-à-vis de la femme et de l’homme noirs. Un racisme que vivent tous les non Arabes, vivant avec eux, Kurdes, Arméniens, Amazigh, Afars, Peuls, Wolof, Soninkés et Bambara en savent quelque chose.

Ce qu’ils ont réussi au Soudan, arabiser des noirs et continuer à les appeler Abid, kahlouche, gurigura et autres appellations dévalorisantes et considérer ces derniers comme des sous-hommes, les Noirs vivant dans le monde Arabe le subissent quotidiennement, ils veulent le faire au Mali, au Niger, en Mauritanie et au Tchad. Pour eux cette colonisation culturelle qu’ils ont réussie au Soudan, à travers l’Islam doit être généralisée partout en Afrique noire. C’est la même politique qu’ils mènent en Somalie.
Que dit le Coran sur ce sujet :
Dans souratou Bagara ayat 256 « Il n’y a pas d’obligation dans l’Islam, la vérité apparait »

Pourquoi donc ces gens veulent inventer un autre Islam qui ne découle ni du Coran ni de la Sonna. Pourquoi s’improvisent-ils prophètes ? Pourquoi veulent-ils remplacer Dieu sur terre ? Allah détient ses paradis et ses enfers, seul lui sait qui y est destiné !

Dans souratou Nissa ayat 93 « Celui qui tue un croyant intentionnellement et sans raison, aura comme récompense l’enfer Jahannama »

Dans souratou Nahli « Si Dieu voulait, il ferait de vous un seul peuple, mais, il rend ignorant celui qu’il veut et met sur le bon chemin celui qu’il veut. »

Ces trois ayats nous montrent le non fondement islamique de ce Jihad au
Mali.
Pour ces gens il faut passer par l’Algérie et par la Mauritanie pour occuper l’Afrique noire par la religion musulmane qui, est devenue une arme dont ils se servent différemment, selon le lieu et le peuple. La politique de ces deux pays vis-à-vis de ce conflit malien confirme mes propos. Sinon, comment imaginer que l’Algérie qui, des années durant a combattu les islamistes chez lui, refuse ce même droit au peuple malien.

L’Algérie qui ne veut dialoguer ni avec le G I A, ni avec le F I S, qui sont des Algériens, comment les autorités de ce pays maghrébin demandent aux autorités Maliennes de dialoguer avec des étrangers, qui envahissent leur propre pays avec la complicité de nationaux Touaregs ?

Quant au système Beïdane Mauritanien, il est resté égal à lui-même, il ne cache pas son hostilité vis-à-vis des Noirs. D’ailleurs c’est le seul pays au monde où l’homme noir peut être encore vendu, acheté, donné, prêté et castré par les Maures au nom de la tradition arabe justifiée par l’Islam. Est-ce que le jihad ne s’impose pas ici ?

De 1975 jusqu'à nos jours, les consulats Mauritaniens livrent des nationalités et des cartes consulaires aux Touaregs maliens et nigériens mais en même temps, ce système Beïdane déporte ses citoyens noirs mauritaniens, vers le Mali et vers le Sénégal en 1989, après en avoir tué des centaines en prison et en avoir exécuté sommairement dans les villages tout au long du fleuve Sénégal : civiles, militaires, gardes ou gendarmes noirs sous le pouvoir de Muawiya Old Taya.

Comme chaque Beïdane doit laisser sa marque de fabrique du système basé sur l’exclusion, le racisme et sur l’esclavage, Mohamed Ould Abdoul Aziz, qui dirige actuellement ce pays, a inventé l’enrôlement, sa méthode pour diminuer le nombre de Noirs dans ce pays. Pour ce faire, on refuse de recenser les Noirs mauritaniens, mais en même temps on emmène des Sahraouis et des Touaregs et on leur donne la nationalité mauritanienne.

Tout ça, c’est parce qu’en 1989 l’O.M.S (Organisation Mondiale de la Santé), pour des raisons sanitaires avait fait des études démographiques pour la ville de Nouakchott : ces études ont révélé que le nombre de Maures blancs dans la capitale Mauritanienne Nouakchott est de 18%. Imaginez leur nombre ailleurs dans d’autres grandes villes en Mauritanie !

Furieux de ces résultats, le sanguinaire Mouawiya Ould Sidi Ahmed Taya déchira ces études en plein conseil des ministres. Parce que ces études ne voulaient pas cautionner des idées reçues, qui fait des Maures les majoritaires dans ce pays. Donc, en Mauritanie tous les moyens sont bons pour gonfler le poids numérique de ceux qui se disent Arabes. Malheureusement pour eux, que Beaucoup de Harratins se rendent compte aujourd’hui qu’ils sont Africains Noirs, fiers d’être Africains, pas d’être Arabes.

En faisant tout ça, le système Beïdane n’arrive pas à renverser la tendance démographique. Ils continuent par contre de garder jalousement le pouvoir politique et économique de ce pays et en exclure les Noirs.

C’est justement ce système Beïdane qui depuis des années participe à la manipulation de Touaregs maliens, les poussant à la révolte contre le pouvoir central de Bamako. Ils les ont hébergés, entrainés, armés, aidés à justifier l’injustifiable qui est l’indépendance de l’Azawad. Au même moment, ils refusent aux Noirs mauritaniens rien que leur nationalité mauritanienne et fait d’eux des étrangers dans leur propre pays.

Frères Touaregs, ressaisissez-vous, ne tombez pas dans les pièges de ce soit disant monde Arabe qui, vous opprime en Algérie, en Libye et en Mauritanie. Réconciliez avec vos frères Maliens. Vous êtes Africains, soyez fières de l’être. Il ne sert à rien de vouloir être ce qu’on ne sera jamais.

Il ne faut pas que vous mourriez dans un combat qui, n’est pas le vôtre, un combat qui vise à arabiser le monde. Touareg, ne veut pas dire Arabe, Arabe ne veut pas dire Touareg. D’ailleurs, vous êtes tellement différents que vous les hommes Touaregs, vous êtes voilés par vos femmes, tandis que chez les Arabes c’est l’homme qui, voile la femme. Par ailleurs, la langue touareg n’est pas écrite en alphabet arabe.

Les événements de ces derniers jours montrent qu’on vous a sacrifiés, votre combat qui, pouvait être noble et réalisable est devenu farfelu, parce que tâché par des mains étrangères et du terrorisme. Ce que je dis est tellement vrai que le monde Arabe est divisé entre ceux qui soutenaient ces bandits et ceux qui sympathisaient avec eux. Voyons les réactions de certains dirigeants de ce pays :

La Tunisie dit être hostile à cette intervention française, alors qu’avant cette intervention française, la Tunisie n’avait à aucun moment dénoncé ces actes inhumains que pratiquaient Mujao, Aqmi, et Ansaroudine, des actes qui faisaient vivre l’enfer au peuple Malien du nord.

Son ministre des affaires étrangères Rafik Abdessalem dit préférer que les problèmes africains soient réglés par les Africains. Si on le suit dans sa logique, pourquoi la Tunisie se mêle des problèmes asiatiques, pourquoi elle ne laisse pas les problèmes palestiniens être réglé par les asiatiques ?
Pourquoi ces deux poids, deux mesures ?
Son président lui dit préférer une solution politique ; pourquoi Mr Moncef n’avait pas proposé cette solution politique quand les innocents Maliens vivaient la lapidation, le viol de femmes, les mutilations... Pourquoi il ne l’avait pas fait quand ce peuple vivait une occupation dans son propre pays ?

Le premier ministre Qatari Cheikh Hamad Ben Jassen Al Thani affirme que la force ne réglera pas ces problèmes, alors que depuis 1945, le monde Arabe dont le Qatar aide la Palestine à régler son problème politique par la force et que tout le monde sait la position raciste et tendancieuse qu’avait ce pays et les relations qu’il avait avec ces terroristes. Le monde est loin d’ignorer son rôle à travers ses fausses organisations humanitaires.

Le Président Egyptien, Mohamed Moursi, lui n’a même pas hésité : il a simplement et ouvertement soutenu ces trafiquants de drogues, lui qui se dit musulman, ayant l’objectif de montrer un bon exemple d’un gouvernement islamique. Quel Islam l’a servi de lanterne ? Quel verset coranique sur lequel il s’est appuyé pour justifier ces injustices ? Par quel hadith il argumenterait pour légaliser ces pratiques ? A-t-il oublié la charia, Malikite, Hanbalite, chaféite ou hanafite ?

Malheureusement que le disciple de Hasan Al banna ne voit dans l’Islam que ce qui arrange le monde et la culture arabe. Son Islam, comme tout frère musulman est une politique d’arabisation le monde.

Quant à l’organisation de la coopération islamique, sensée appartenir à tous les Musulmans, elle demande un cessez le feu et critique l’intervention serval, alors que pendant 10 mois, ces Islamistes violaient les femmes, coupaient les mains des citoyens maliens musulmans, déterraient des saints. Jamais cette organisation n’avait dit un seul mot sur ces crimes. Ont-ils oublié le hadiths du prophète Mohamed : les être humains sont égaux comme les dents de un peigne, le meilleur d’entre eux est le plus pieux. Paix à son âme.

Les autres organisations islamiques, comme la Ligue islamique et la conférence islamique qui depuis presque 40 ans mobilisent toute l’Afrique, même celle non musulmane autour de la cause arabe et palestinienne n’ont dit aucun mot. Ce silence nous suffit en tant qu’Africains pour savoir que ces organisations ne nous servent pas les non Arabes.

A aucun moment ces organisations n’ont dit aucun mot sur les calvaires des noirs, plus particulièrement en Mauritanie et au Darfour, pourtant tous musulmans. Ne parlons même pas de problèmes concernant le Soudan Chrétien. Alors que tous les jours, ils nous impliquent d’avantage dans les problèmes Palestino- Israéliens en leur faveur. En me basant sur ces faits, j’appelle vivement le monde noir à créer sa propre organisation islamique qui se nommerait La Ligue Islamique pour le Monde Noir. Comme :
Nous ne pratiquons pas le même Islam.
Notre Islam, nous Africains est marqué par notre passé, lié à nos histoires et à nos cultures africaines, les cultures qu’ils ne considèrent pas et ils ne respectent pas. Nous vivons au milieu de nos sorciers et de nos féticheurs qui, font partie de nous. Qu’on les croit ou non, ils sont à respecter. Nos traditionalistes « animistes » et nos frères chrétiens font partie de nous. Nous leur devons du respect.

Nous n’avons pas les mêmes problèmes avec l’Occident pour les combattre de la même façon que les Salafistes. Le problème Palestinien, si juste soit-il n’est pas le nôtre.  Ces deux derniers points semblent aujourd’hui être la base de l’Islam. Le Coran, le Charia et les Hadiths sont mis à côté. Ce qui compte aujourd’hui, c’est l’arabité de l’Islam aux yeux du monde arabe. Ce qu’on enseigne aux jeunes dans les quartiers difficiles c’est le voile et le halal, deux choses qui n’ont rien avoir avec l’Islam. Ils ne figurent ni sur les piliers de l’Islam, ni sur la foi Islamique. Des choses inventées pour arabiser les musulmans non arabes. Tout le monde le sait et personne n’ose en parler ouvertement.

Une fois notre Ligue créée, nous pourrons enseigner à nos peuples Africains le Coran, la loi Islamique et la Sounna du Prophète Aleyhissalam. Nous pourrons aussi contrôler nos mosquées et enseigner à nos enfants, la vraie histoire islamique et notre vraie histoire Africaine, liée ou non liée avec la religion.

Ce n’est pas après treize siècles de pratiques islamiques qu’on nous invente un autre Islam. Nous maitrisons très bien le Coran et ses règles des Warchi et de Qalouna. Aujourd’hui l’un des quatre meilleurs juristes de la récitation du Coran dans le monde est un Peul. Donc, comment je pourrais croire à Alqardaoui qui professe que l’Islam et l’Arabe sont de paire.

Est-ce à dire que tout musulman doit être Arabe. Pour moi, c’est une façon de nous coloniser culturellement. Comme en France, où depuis 1905, l’Eglise et l’Etat sont séparés, il faut que l’on arrive à séparer l’Islam et l’Arabité et faire la différence entre la religion et la politique. L’islam n’a pas besoin des rajouts. Le pays maghrébin dont je salue la position par rapport à l’Afrique noire est le Maroc. Ce pays mérite de notre part un respect, tant qu’il nous respecte.

Pour qu’il y ait des rapports respectueux dans cette région, Le Nigéria, le Tchad, le Niger, le Burkina, le Mali et le Sénégal doivent être forts et prendre leur responsabilité devant l’histoire pour la dignité et la fierté de ce continent. Ils doivent être épaulés par d’autre pays Africains dont, je salue la position sur ce problème Malien qui, touche tous les Africains.

L’autre point important pour moi, est celui de certains frères maliens, de culture Bambara qui, il faut le dire, ont des positions dures et très dures envers ceux qui n’ont pas le Bambara comme langue maternelle. Quand on dit à quelqu’un qui est Malien qui est venu retirer son billet dans une agence à Bamako, que s’il ne parle pas le Bambara, on ne le sert pas, c’est très grave. Un touareg est malien, un Dogon est malin, un Soninké est malien, un peul est malien...
Bamako est leur Capitale.
Depuis le début du monde nous vivons ensemble avec nos différentes langues et nos différentes cultures. Cet héritage doit être respecté. Si quelqu’un ne parle pas ta langue, essaye de le comprendre, pas le rejeter, sinon, c’est une bombe pour l’unité de notre continent. D’ailleurs, tous les Etats africains doivent faire très attention sur ce sujet.

Je dois, remercier vivement la France pour avoir aidé à chasser ces terroristes, dont le seul objectif était d’expérimenter des idées néfastes qui, n’ont rien à voir avec l’Islam. Reste maintenant de revoir les relations qui nous lient avec ce pays ancien colonisateur qui est la France. Nous Africains, nous ne devons pas rester sur le passé colonial qui est certainement très douloureux mais, il faut avancer. Nous devons faire un pas et la France un pas, ce qui fera de nos rapports, des rapports gagnant/gagnant.

A mon avis ce que la France doit faire premièrement c’est d’arrêter d’aider des systèmes dictatoriaux ou racistes en Afrique, comme ce système Beïdane installé en Mauritanie par la France et d’autres dictateurs en Afrique noire. Nos rapports culturels et économiques avec la France doivent être plus humains et plus équilibrés. A mon avis une fois que ces trois conditions sont remplies les africains Francophones n’auront pas besoin d’aller ni en Chine ni en inde ou ailleurs.

Je profite de cette occasion pour remercier les pays occidentaux, des pays qui nous protègent en tant que refugiés et heureusement pour nous Africains que ces pays là existent. On peut critiquer ces pays et dire d’eux ce qu’on veut mais, objectivement parlant, il y a un respect humain et de la tolérance.
Cheikh Oumar Ba